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Le premier guide russe des universites de Suisse
 

Publications dans la presse russe en 1999 - 2006

Universites de Suisse

"ETH Zurich pourra contribuer
au developpement des relations russo-suisses
"

Interview de Prof. Konrad Osterwalder, Recteur de l’ETH Zurich et President de l’UNITECH International.

«Les relations russo-suisses existent dans un etat embryonnaire .Il serait interessant de les developper autant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche et de la technologie. Le potentiel d’un tel developpement est enorme et je souhaite que l’ETH Zurich puisse y contribuer.»

Valéry Altoukhov / "Swiss Vision", Décembre 2005

Mardi 20 dec 2005, 14h00, séance téléphonique Moscou-Zurich

 

Konrad Osterwalder
Konrad Osterwalder

«L’ETH Zurich a toujours insiste sur une cooperation tres etroite avec l’industrie suisse et europeenne mais aussi au niveau international

Swiss Vision: Cette annee l’Ecole Polytechnique Federale de Zurich (Eidgenossische Technische Hochschule Zurich – ETH Zurich) a celebre son 150 e anniversaire. Fondee en 1855 dans le but d’assurer l’entree de la Suisse dans l’ere industrielle, l’ere de l’avenir. La mission de ETHZ a nos jours.

Comment l’ETH Zurich a-t-elle change depuis 150 ans pour repondre a cette mission d’entree dans l’avenir?

Konrad Osterwalder: L’ETH Zurich ajuste en permanence le choix de ses sujets de recherche et exploite de nouveaux domaines: son engagement s’etend des sciences naturelles et sciences informatiques aux sciences de la vie et du management. Afin de garantir un enseignement de premiere qualite, l’Ecole adapte le contenu de ses programmes selon les besoins. Avec l’introduction du modele de Bologne, notre ecole veut faciliter l’echange des etudiants avec le reste de l’Europe et du monde. Finalement l’ETH a toujours insiste sur une cooperation tres etroite avec l’industrie suisse et europeenne mais aussi sur ses relations hors de l’Europe. A mon avis, ce sont ces elements qui repondent le mieux a notre mission d’aujourd’hui.

SV: Prof. Osterwalder, 21 laureats du Prix Nobel sont lies a l’histoire de l’ETH Zurich, de Vilgelm Konrad Rontgen en1901, sans oublier certainement Albert Einstein en 1921, a Kurt Wuthrich, qui a recu le Prix en 2002. Ils enseignaient a l’ETH Zurich ou ont ete distingues pour leurs travaux de recherche a l’ETH Zurich pendant l’enseignement ou apres l’obtention de diplome.

Que fait l’ETH Zurich pour etre concurentielle au niveau international avec les universites de pointe et d’explorer de nouveaux domaines orientes vers l’avenir?

Konrad Osterwalder: D’abord il faut dire que l’Ecole Polytechnique de Zurich s’est toujours montree tres exigente face a son choix de nouveaux professeurs. Ce processus est de la competence du President. Il nomme une commission d’evaluation qui lui propose des noms. Dans cette commission siegent des membres du departement en question et des membres d’autres departements ainsi que des membres d’autres universites et de l’industrie. Cette commission fait une recherche mondiale. On cherche les candidats les plus qualifies au niveau mondial.

Au moment ou un candidat de pointe est identifie, commence alors notre demarche d’offre. Notre offre ne se confine non seulement a un salaire interessant mais egalement a une infrastructure moderne: possibilites de gerer un groupe de chercheurs (collaborateurs), d’acheter des machines et un equipement de laboratoire permettant une recherche poussee dans le domaine souhaite. Ces conditions me paraissent les plus importantes.

 

«Le nombre de personnes de nationalite russe, soit entre les etudiants, soit entre les professeurs ou les chercheurs, varie entre 1% et 1,5%»

SV: Aujourd’hui l’ETH Zurich est le lieu d’etudes, de recherche et de travail de 18000 personnes de 80 nationalites differentes. 57% de ses 350 professeurs ne sont pas citoyens de la Suisse.

Quelle place occupent les etudiants, professeurs et chercheurs de Russie?

Konrad Osterwalder: En 2004, sur un total de 9519 etudiants, 10 proviennent de la Russie. Sur les 2896 etudiants du niveau doctoral et post-diplome, on en denombre 29 de la Russie, soit 1%.

Au niveau du corps professoral, sur 358 nous avons 2 Russes.

Et concernant le personnel de la recherche: on denombre 65 Russes sur un total de 4639 personnes, soit 1,5%.

Vous constatez donc que le nombre de personnes de nationalite russe oscille entre 1% et 1,5% du niveau etudiant, corps professoral au personnel de la recherche.

SV: Quelles universites russes choisissent les etudiants de l’ETH Zurich dans le cadre des programmes d’echange/ mobilite?

Konrad Osterwalder: Je n’ai pas de statistiques, mais je pense qu’ils se rendent dans certaines universites russes de haute reputation. Par exemple, l’Universite d’Etat Technique de Moscou Baumann ou l’Universite de Saint-Petersbourg, mais je ne pourrai pas vous donner des chiffres.

SV: Pour reussir dans le monde industriel d’aujourd’hui il ne suffit pas de reussir juste dans l’etude de la theorie.

Que fait l’ETH Zurich pour preparer ses jeunes diplomes a leur carriere dans le monde des corporations multinationales modernes ?

Konrad Osterwalder: D’abord, nos etudiants ne sont pas totalement separes de l’experience pratique, nos ingenieurs effectuent leur stage dans des grandes boites du monde. De plus, on a des programmes particuliers permettant aux etudiants d’avoir une experience pratique dans l’industrie. Durant leur periode d’etude, differents cours de formation (soft skills) tels que «management», «finance», economie» ainsi que l’exercice de projet en groupe leurs sont divulgues afin d’affiner leurs competences sociales et leur permettre une meilleure reussite dans la vie professionnelle. Cela nous semble etre un element important dans l’education de nos ingenieurs futurs.

 

«On parle d’ajouter une autre universite europeenne au reseau UNITECH International, et ca pourrait etre une universite russe»

SV: Prof. Osterwalder, cela fait 5 ans que vous etes le President de l’UNITECH International, dont la mission est l’enseignement de management aux etudiants d’engineering pendant leur stage dans les corporations multinationales technologiques. Votre reve est la croissance du reseau UNITECH Europe a 10 partenaires universitaires et 30-35 partenaires corporatifs. Vous avez commence a discuter la possibilite de creation de l’UNITECH en Asie du Sud-Est.

Avez-vous de l’interet pour la Russie, ses universites techniques et compagnies technologiques?

Konrad Osterwalder: Certainement oui. On est en train de discuter pour inclure une univesite de l’Europe de l’Est a l’UNITECH. Ca n’a rien a faire avec la possibilite de creer un nouveau reseau UNITECH en Asie du Sud-Est. Pour le moment on parle d’inclure une autre universite europeenne, et ca pourrait etre une universite russe. Je ne peux pas vous donner de details, mais je peux vous dire qu’en ce moment nous sommes vraiment en train de discuter quelle est l’universite de haute reputation de la Russie qui corresponde au profil recherche.

SV: ETH Zurich est parmi les premieres universites de Suisse qui ont realise des reformes selon les principes du systeme de Bologne. Les degres de Bachelor et Master sont en cours d’application. L’offre des programmes d’etudes de Master a double, certains d’entre eux sont elabores pour repondre aux besoins des professions orientees vers l’avenir.

Prof. Osterwalder, parlez, s’il vous plait, des nouveaux programmes de Master.

Konrad Osterwalder: Oui, avec plaisir. D’abord il faut dire qu’a notre avis pour un etudiant d’une universite le diplome final correspond au diplome de Master ou au Doctorat. D’un autre cote, le Bachelor ne devrait pas etre considere comme degre final mais comme degre de transition. Cela signifie qu’avec un Bachelor on peut changer d’universite, on peut changer un peu la direction d’etudes et on peut inserer un an de travail pratique dans l’industrie avant de continuer les etudes dans un programme de Master.

J’aimerais ajouter que nos programmes de Master sont plus ou moins la continuation des programmes Bachelor qu’on a deja suivis. De plus, nous sommes en train de definir de nouveaux programmes de Master qui sont multidiscplinaires et qui offrent aux etudiants de nouvelles possibilites de se preparer pour une profession correspondant aux exigences les plus recentes de l’Industrie et de la societe.

SV: Comment changent les procedures d’admission aux programmes de Bachelor et Master pour les etudiants etrangers?

Konrad Osterwalder: Pour les programmes de Bachelor les procedures ne changent pas, elles correspondent a celles effectuees jusqu’a present. Cela veut dire, on regarde tres soigneusement l’education qu’a suivi le candidat, les notes obtenues au gymnase. A la limite, on demande au candidat de passer un examen d’admission ou une interview.

Au niveau du Master c’est different. On etudie chaque dossier et, a la limite, on demande au candidat d’etre pret a se faire interviewer. Donc la selection au niveau du Master sera assez rigoureuse.

Mon but serait de faire une selection telle que si un etudiant est admis, il obtienne alors une garantie avec une probabilite de 95% qu’il puisse finir le programme avec succes.

 

«Le budget de l’ETH Zurich n’est pas mauvais, compare au budget des universites du reste de l’Europe»

SV: Prof. Osterwalder, vous avez enseigne dans les universites de pointe aux Etats-Unis, Universite de New-York et Universite de Harvard, vous etiez professeur de physique mathematique a l’ETH Zurich.

Quelles sont les principales differences entre le systeme universitaire des Etats-Unis et Suisse?

Konrad Osterwalder: La difference principale est qu’aux Etats-Unis on a 4000 institutions universitaires dont une centaine atteint le niveau mondial qu’on connait a Harvard ou a Berkeley, et le reste est d’une qualite plus basse voire mediocre. En Suisse, jusqu’a present la difference entre les universites n’est pas comparable a celle des Etats-Unis. Les universites sont plus ou moins comparables l’une a l’autre, a l’exception eventuellement de l’ETH, jouissant d’une reputation superieure a celle des autres.

Le deuxieme point, aux Etats-Unis les grandes ecoles choisissent leurs etudiants tres soigneusement, il n’y a pas d’admission automatique. En Suisse un etudiant qui a termine son gymnase a le droit d’entrer a une universite quelconque sans condition supplementaire. La est la grande difference.

Troisiemement, si vous comparez le nombre de professeurs ou le nombre d’etudiants par professeur dans les universites de recherche aux Etats-Unis, en vous limitant aux 100 ou 150 universites de pointe, vous avez une relation de 1 professeur sur 12 etudiants, tandis que chez nous, a l’ETH, nous avons 1 prof. sur 30 ou 32. Et si vous regardez les universites des domaines des sciences humaines, vous avez des realtions de 1 sur 60, 1 sur 80, ce qui n’est vraiment pas comparable a ce que l’on connait aux Etats-Unis.

Et le dernier point, si vous regardez les budgets de Harvard ou de Massachusetts Institute of Technlogy (MIT), ils representent les deux tiers de celui de l’ETH Zurich, meme si le budget de notre ecole compare a celui des universites du reste de l’Europe, est loin d’etre mauvais.

Donc, ces trois points sont les differences principales.

SV: Prof . Osterwalder, parlez, svp, des estimations du budget annuel de l’ETH Zurich pour la recherche et le developpement? Quelle est la part financee par la Confederation, celle par l’industrie?

Konrad Osterwalder: Le budget total de l’ETH Zurich est environ 1 milliard de francs suisses, cela veut dire 700 millions d’euros. De cette somme, 85% sont finances par la Confederation et des 15% restant, pres de la moitie est financee par l’industrie, et le reste par le Fonds National Suisse qui est finance lui-meme par la Confederation.

SV: Quelle est la repartition du budget entre les recherches fondamentales et appliquees?

Konrad Osterwalder:Il n’y a pas de repartition de base. Dans nos discussions internes on ne dit jamais: 40% pour cela et 60% pour cela. Je dirais que c’est a peu pres moitie-moitie. Mais, vous savez, de notre point de vue, il est tres difficile de separer clairement recherche fondamentale et recherche appliquee, et on ne veut pas essayer de le faire.

SV: O u en est l’ETH Zurich Foundation, creee en 2004, dont l’objectif est l’augmentation du financement?

Konrad Osterwalder: La Fondation est en train de s’installer. Elle a connu un beau succes cette annee, on a recu des dotations d’une dizaine de millions de francs suisses. Et notre espoir est que la Fondation croisse dans l’avenir, et l’objectif finalement est un etat de l’ordre de magnitude d’un milliard de francs suisses. Mais pour arriver a ce point-la il faut encore quelques annees.

SV: ETH Zurich est traditionnellement forte en chimie et physique.

Dans quels nouveaux domaines l’ETH Zurich est leader – sciences de vie, medtech, ...?

Konrad Osterwalder: Certainement les sciences de la vie, c’est un sujet d'actualité. On va investir beaucoup de moyens dans la communication, dans les domaines d’energie et dans le domaine du risque et du hasard.

SV: Quels domaines representent a l’ETH Zurich un champ de cooperation avec les universites, poles de recherche, compagnies technologiques russes?

Konrad Osterwalder: Nous sommes justement en train de le definir. Je ne peux pas vous le dire en detail quels seront ces domaines, mais le futur proche nous fera savoir dans quelle direction on va, mais pour le moment je ne peux pas vous le dire.

 

«Le Roadshow est une bonne idee, une idee excellente!»

SV : Dans votre interview a Londres «Education superieure: globalisation et les nouveaux partenariats» vous avez declare: «Nous tenons a commencer une campagne de publicite du programme – nous ne l’avons pas encore fait. UNITECH doit se faire interessant pour la cooperation de toutes les compagnies orientees techniques en Europe.”

Comment vous appreciez l’idee de PR-campagne de l’ETH Zurich en Russie et en Europe par realisation du Roadshow «High-tech Russe en Europe» en 2006 a l’ETH Zurich ou Technopark.

Konrad Osterwalder: Je pense que ce serait une bonne idee, une idee excellente, en effet! Mais il faut considerer ce Roadshow dans les details. Je pense que nos etudiants et nos industries en Suisse, ont beaucoup a apprendre des industries en developpement en Russie, et de ce point de vue le Roadshow soit a l’ETH Zurich, soit au TECHNOPARK, serait une tres bonne idee.

SV: «Le but strategique est la cooperation scientifique avec la Russie», telle est l’opinion de M. Claudio Fischer, Chef de l’Unite Cooperation bilaterale de recherche du Secretariat d’Etat a l’education et a la recherche, Confederation suisse, a la veille de la visite de la Delegation des Recteurs des universites suisses, le 17 decembre 2005, avec M. Charles Kleiber, Secretaire d'Etat a l'education et a la recherche.

Comment estimez-vous l’etat des relations russo-suisses dans les domaines de formation, recherche et technologie?

Konrad Osterwalder: Je suis sur que ces relations existent dans un etat embryonnaire. Il serait interessant de les developper autant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche et de la technologie. Le potentiel d’un tel developpement est enorme et je souhaite que l’ETH Zurich puisse y contribuer.

SV: Que faut-il entreprendre, d’apres vous, pour que le niveau des relations corresponde au niveau de culture, science et technologie gagne par la Russie et la Suisse?

Konrad Osterwalder: Il faut intensifier les contacts entre nos chercheurs et les chercheurs russes. Il faut inviter les chercheurs russes en Suisse pour qu’ils connaissent nos laboratoires et nos chercheurs. Il faut envoyer nos checheurs suisses en Russie. C’est ce qu’il faut faire au niveau de la recherche.

Je pense qu’il y a aussi des compagnies suisses qui sont interessees a une collaboration plus etroite avec les compagnies russes, meme de s’etablir en Russie.

Je pense qu’au niveau de la formation il faut qu’un nombre plus grand d’etudiants suisses ait la possibilite de passer quelque temps dans une universite de haute reputation en Russie et egalement la possibilite d’etre stagiaire dans des boites russes. De l’autre cote, je pense qu’il faut ouvrir les possibilites intensifiees aux etudiants russes de participer a nos programmes de Master ou de passer un programme de Doctorat chez nous.

Ce sont les etapes de base qu’il faut intensifier pour ameliorer les cooperations entre la Russie et la Suisse.

 

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